29 janvier 2007
LE TOERE (instrument à percussion) et LE TATTOO POLYNESIEN (tatouage)
LE TOERE
Le TOERE est un instrument très caractéristique de l'orchestre Tahitien. D'apparence simple il est le résultat d'un long travail qui va du choix du bois à la préparation de l'instrument : c'est une vraie sculpture. La baguette que l'on utilise doit être suffisamment lourde -souvent en Aito- pour faciliter les roulements et les enchainements rapides. Dans l'orchestre, le toere occupe la place de chef : pahe, toma , solos...
Cliquer sur ce Toere à gauche Pour écouter ses magnifiques sons
Originaire des îles Cook, le "toere" est l'instrument de percussion polynésienne par excellence.
Il n'y a cependant pas plus simple comme instrument !
C'est un tambour sans membrane, taillé dans une simple bille de bois de "ati"(le fameux tamanu), de "miro" (bois de rose) ou encore de "pou".
Sa fabrication artisanale demande une bonne maitrise du travail du bois associée à "une bonne oreille".
Il existe plusieurs sortes de "toere" :
Nous retiendrons le "toere hoe" qui est posé debout et avec lequel on joue avec une seule baguette et le "tairi piti" qui est posé horizotalement et qu'on utilise avec deux baguettes.
Bien que "rustique", le "toere" n'en est pas moins un instrument riche en sonorités.
Comment se fabrique un Toere ? ICI
Voici une liste des instuments traditionnels du monde entier, dont : le toere ICI
Et un autre lien très intéressant publié par un de mes amis, "les instruments des
îles ": ICI
Une vidéo FIRE DANSE ICI

Jolie démonstration de Toere... entre autre
Une précision très importante qui provient de notre ami Teina dans le commentaire ci-dessous, mais que je mettrai cependant sur ce billet en le remerciant : et n'oubliez pas d'aller voir son blog au passage, il est spectaculaire.
- la baguette qui est utilisée pour taper sur le Toere est choisie (le Aïto) parce que c'est un bois dur... à force de taper sur un Toere, un autre bois ne tiendrait pas le coup...
- dans un orchestre, la place du chef c'est le "ARATA'i"... celui qui commande, (souvent il joue au Toere)... le TOMA ou le PAHAE etc... sont des noms de PEHE (rythmes)...
- la facon de taper sur un TOERE ne veut pas dire que l'on utilise un TOERE différent...il existe un seul TOERE, mais de sons (ou de bois) très différents les uns des autres.
Il existe 5 façons de taper sur un TOERE : le "ta'iri mua" le "ta'iri muri" le "arata'i", le "oro oro", le" ta hape hape". La façon de taper le TOERE avec 2 baguettes, ce sont nos amis des Samoa etc.... qui le pratiquent.. ou pour jouer le PEHE du KAVA...
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LE TATOUAGE EN POLYNESIE "TATTOO"

Ses autres vidéos : ICI
Une autre superbe vidéo de RFO sur cette page : ICI
Et une autre des Samoa sur cette page : ICI
Histoire du tatouage :
La preuve la plus ancienne du tatouage dans le Pacifique apparaît sous la forme d'une poterie vieille de 3000 ans. "Le visage de Lapita" montre des inscriptions dentelées sur le nez, les joues et le front, suggestif de la technique de l'application du tattoo.
Le tatouage indiquait souvent une appartenance à un rang social élevé. Il revêtait un caractère symbolique relatif au sacré et au surnaturel, à l'acceptation d'un individu à une communauté (le passage de l'adolescence à l'âge adulte par exemple) et à la fécondité. Il pouvait être réservé à des héros, souvent guerriers particulièrement valeureux. Le tatouage était toujours valorisant pour la personne qui était apte à recevoir ce privilège.

Celui ou celle qui en était recouvert se distinguait donc facilement grâce à cette forme d'ornement du corps. Ainsi le corps pouvait être recouvert presque entièrement.
Une magnifique vidéo qui explique l'origine du tatouage aux Marquises ICI (provenant de la collection ICA) ou directement sur le site ICI
(l’importance du tatouage dans la société Marquisienne pré-européenne, tant sur le plan religieux que sur son rôle social)
Les motifs utilisés de façon symbolique faisaient souvent référence aux éléments naturels ( soleil, lune, végétation, animaux, points cardinaux, comètes, figures humaines) ou à de simples figures géométriques ; ils pouvaient également évoquer la vie sociale : les combats, les armes de guerre, les sacrifices humains. Selon la tradition, les hommes étaient abondamment tatoués, alors que les femmes préféraient des tatouages plus localisés intéressant les parties charnues de leur personne.
Traditionnellement, le tatouage était réservé aux classes supérieures. Cette pratique était liée au désir de renforcer le pouvoir de la fécondité, les liens avec le surnaturel, et plus que tout, cela revêtait un caractère sacré.
Hommes et femmes portaient des tatouages sur diverses parties du corps ; la différenciation sociale était soulignée par des signes correspondant à chaque classe sociale, sous le contrôle vigilant des chefs : quand un initié se voyait reconnaître de nouveaux mérites, il pouvait ajouter de nouveaux tatouages au précédents. Les femmes étaient moins ornées, mais les dessins étaient plus élégants et mieux exécutés parce qu'ils étaient considérés comme une parure.
En revanche les hommes avaient souvent tout le corps couvert de tatouages. Seul le visage était respecté, à l'exception de quelques guerriers ou prêtres qui portaient parfois un emblème particulier sur le front et les lèvres.
Chez les Marquisiens, il recouvrait entièrement le corps et la face. Les femmes étaient tatouées sur les hanches et sur les fesses, avec quelques motifs sur les mains et les chevilles. Dans les îles de la Société, les motifs se limitaient à la partie inférieure du corps, et chez les femmes, aux poignets et aux jambes.
Il existait une incroyable variété de motifs. Les chefs pouvaient avoir une multitude de tatouages sur leur corps et ceux-ci pouvaient évoquer une entreprise guerrière ou un évènement important.
Il existe plusieurs types de tatouage : les tatouages destinés aux dieux, aux prêtres et aux chefs, héréditaires et réservés à leurs descendants ; les tatouages de type Hui A ri'i , Arioi'i , réservé aux chefs (hommes et femmes) ; les tatouages de type Hui To'a , Hui Ra'atira , To'ai , pour les chefs de guerre, les guerriers, les danseurs, les rameurs, etc. ; le type Manahune , pour les personnes sans généalogie ou sans ascendance héréditaire notable.
Le tatouage a rapidement disparu avec l'arrivée des missionnaires. Les différents motifs et planches de personnages tatoués et autres relevés nous sont parvenus grâce notamment au peintre anglais Sydney Parkinson et à l'allemand Von Den Steiner. Aujourd'hui le tatouage connait un renouveau notoire dans la société polynésienne.

samoan tattoo
Un rôle social en Polynésie
Les Polynésiens cultivent et développent depuis toujours l’art du tatouage, qui fait partie intégrante de la société. Autrefois, les inscriptions permettaient de définir le rang social de la personne qui les portaient, homme ou femme. Elles permettaient à chaque individu de définir son appartenance à un clan et de se reconnaître entre différents groupes. Tous se devaient d’avoir au moins un tatouage sur le corps.
Les enfants étaient tatoués pour symboliser leur entrée dans la communauté. En fonction du rôle social de chacun, de sa région d’origine, les tatouages variaient dans leur forme et la partie du corps sur laquelle ils s’inscrivaient avait aussi un sens. Aux îles de la Société par exemple, les individus pouvaient se faire tatouer aussi bien les mains, que les pieds, les jambes, les fesses, la langue ou plus rarement le visage.
Considéré comme un ornement, le marquage corporel est également un moyen de renforcer la fécondité dans les croyances ancestrales. Même s’il n’a aucune dimension religieuse, le tatouage peut également faire office de talisman. Par ailleurs, lorsqu’un homme fait preuve de courage dans ses actions, avec le tatouage, le souvenir de son exploit reste à jamais gravé sur sa peau. Les femmes, se font fréquemment tatouer des bagues et des bracelets ineffaçables. Le tatouage prend alors une valeur esthétique.
La cérémonie du tatouage
En Polynésie, l’acte de tatouage n’est pas anodin et doit se faire selon des rites particuliers et dans un lieu qui lui est propre. L’opération est effectuée par un maître tatoueur sollicité pour son savoir faire. Les deux parties s’entendent au préalable sur le tarif à appliquer.
Une fois les négociations terminées, le maître tatoueur et le futur tatoué se préparent minutieusement, à la fois physiquement et moralement pour cet évènement qui a là une valeur initiatique. A l’aide de ses outils à base d’os, de nacre ou d’émail le maître tatoueur opère sur son client. Le tatouage étant une pratique nécessitant du courage pour celui qui le sollicite, le client se doit de supporter stoïquement la douleur.
Il choisit un motif qui sera inscrit sur sa peau. Après avoir poinçonné le motif demandé, le maître tatoueur le colore avec un mélange de monoï et de noix de bancoul. L’encre obtenue est noire, elle prend une teinture bleutée sous la peau de l’être humain. Une fois le marquage effectué, les motifs indélébiles accompagneront le porteur toute sa vie.
Un symbole de richesse
Dans les temps anciens, les Polynésiens payaient leurs tatouages par le produit de leur travail. Ils troquaient ce qu’ils possédaient. Il pouvait s’agir de poisson, de fruits, de tissus, d’armes ou encore d’outils. Plus le nombre de tatouages était élevés, plus on pouvait supposer que le porteur de ces ornements était riche, ce qui augmentait son prestige.
La société se hiérarchisait alors sur ces règles, les plus riches, les rois et les chefs, sont les plus tatoués et inversement, les personnes les plus déshéritées n’étaient pas en mesure de s’offrir un tel luxe.
Un gage de virilité
La volonté de se faire tatouer implique donc une faculté à supporter la souffrance. L’ornement cutané devient alors synonyme de capacité de résistance à la douleur. Chez l’homme polynésien, le tatouage symbolise aussi la beauté et par conséquent son pouvoir d’attraction sur le sexe opposé. Un homme non tatoué était autrefois considéré comme laid froussard et pauvre, il ne pouvait prétendre épouser ni même approcher une femme.
Interdiction du rite païen
Considéré comme un rite païen par les missionnaires européens lors de leur arrivée sur l’archipel, le tatouage est interdit et réprimé à partir 1819 à Tahiti. Il disparaîtra complètement à Tahiti pour ressurgir un siècle plus tard. Les îles Marquises et leur voisine, la Nouvelle Zélande ne renonceront jamais à cette pratique.
Chez les Maoris :
Distinction sociale, les tatouages servaient aussi de "camouflage" aux guerriers dont l'aspect devait terroriser l'adversaire.
Mais leur fonction première, était d'ôter peu à peu à la personne humaine son caractère sacré, la nudité étant l'apanage divin. Ainsi, le nouveau-né, arrivé nu de l'au delà et frappé de tabou en tant que personne divine, était-il soumis au fil des ans à un rituel "humanisant", pour le protéger et le désactiver à la fois.
A l'adolescence, les tatouages montaient aux cuisses et, à l'âge adulte, envahissaient le corps entier. A la mort, les femmes considérées comme intermédiaires entre la vie et l'au delà, grattaient les tatouages pour libérer les défunts de leur peau humaine et les réintroduire dans le monde des dieux.
Pour terminer, voici deux liens où vous pourrez
admirer les plus beaux tatouages que j'ai trouvé sur le net sous forme de slides show. Bonne visite à vous !
Un magnifique site de Bernard LOMPRE ICI et ICI
ET celui de MANA'O TATTOO ICI





Visite des TATTOOS Slides : ICI et ICI










Liens intéressants se rapportant au tatouage :
Commentaires
bien le site et les videos
votre site est magnifique nous allons nous marié et notre voyage de noce se fera en polynésie c'est trop beau et la culture est si belle ainsi que les tatouages fait a l'ancienne
merci de nous faire partagé cela grace a votre site
magnifique!
Salut Tipanie,c'est ta copine de WAT,merci d'avoir attisé ma curiosité sur le toere puisque je viens de découvrir ton site qui est magnifique et superbement réalisé. Je suis heureuse d'en apprendre plus sur la culture polynésienne. Encore bravo et maururu. Apa,apa, nana
SA FAIT REVER
IAORANA
Tu as un super site. J'adore la polynésie pour avoir un tane ki y est né. Vatea est tjrs oci professionnel avec ses outils ancestraux ou modernes. Je me suis faite tatouer ainsi que mon tane par Colla à 2 reprises. C'est a travers ton site ou les autres que je voyage. J'espère y allée un jour. Encore merci pour la visite. maururu nana
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