ANGEL POLYNESIAN ISLANDS BIS

Découverte de la culture Polynésienne, toutes îles confondues, son art, ses traditions, sa musique, sa population et sa cuisine.

03 février 2007

LA MYTHOLOGIE POLYNESIENNE, ses LEGENDES et L'ARTISANAT

Parlons aujourd'hui de la Mythologie Polynésienne, des croyances qui ont toujours eu  une part importante dans la culture polynésienne et ensuite, nous parlerons de l'artisanat.

Mythologie polynésienne

   

Dans la culture Polynésienne, les mythes et légendes occupent une place importante dans la tradition.

La mythologie Maohi est une forte tradition. D'une île à l'autre, d'un clan à l'autre, les légendes variaient et étaient parfois source de disputes aboutissant à  de longues guerres.

Les polynésiens étaient polythéistes :

le principal dieu était Taaroa, le créateur mais il existait aussi des dieux plus secondaires tels que Hiro, dieu des voleurs, Hina, déesse de la lune, Pele, dieu des volcans ou Oro pour lequel des sacrifices humains étaient pratiqués.

Les polynésiens étaient aussi très superstitieux et craignaient les esprits. Ainsi la couleur rouge tant aimée des polynésiens d'aujourd'hui avait autrefois le pouvoir de faire fuir les mauvais esprits.

Ces croyances étaient enracinées et rythmaient la vie quotidienne des polynésiens. Elles posaient les règles sociales, les obligations et les tabous.

Les Polynésiens étaient également superstitieux et craignaient le courou des esprits. Selon eux, la couleur rouge faisait fuir les mauvais esprits. D’une île à l’autre, une même légende était racontée différemment et pouvait être une source de conflits entre chefferies.

De nombreuses fouilles archéologiques récentes ont permis de découvrir et de faire ressurgir du passé des lieux de cultes comme les marae ainsi que des représentations sculptées : les tikis.

LES TIKIS

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Lorsque les explorateurs européens débarquent dans les archipels polynésiens, ils sont surpris par de petites sculptures en pierre ou en bois. Leur signification et leur appartenance restent encore énigmatiques. Ce dont on est sûr c'est que ces statuettes représentaient des ancêtres divinisés et avaient une fonction religieuse et symbolique.

Les légendes racontent que le tiki serait le créateur de l’homme et que les tahu’a, les sorciers polynésiens, leur attribuaient des pouvoirs, le mana. Les Polynésiens les vénéraient et les craignaient. Force, beauté et prospérité...
Le tiki est également le patron des sculpteurs. Ces derniers lui ont institué des proportions particulières qui selon eux, symboliseraient la force, la beauté et la prospérité. Les caractéristiques principales de ces sculptures se traduisent par un visage triangulaire avec l’absence de cou, les bras collés au corps et les jambes courtes. La tête du tiki symbolise la puissance qu’elle abrite.
Ses yeux expriment le savoir et le pouvoir surnaturel. Quant à sa bouche étirée, parfois elle tire sa langue ou montre ses dents, afin de marquer le défi et provoquer l’adversaire.

La taille des tiki est variable. On peut trouver des statuettes ainsi que d’immenses sculptures. Le plus grand tiki découvert mesure 2,35 mètres et a été trouvé sur l’île de Hiva Oa, sur le marae d’Oipona dans la baie de Puamau.

Le tiki est généralement posé près d’un marae. Il a également inspiré certains motifs de tatouage. Entre art et religion, les tiki conservent leur secret.

Dans ce pays qui a inventé le mot "tabou", les superstitions sont restées vivaces. Esprits malveillants et tiki protecteurs font partie du quotidien.
Tapu : le mot déformé en tabou dans les langues occidentales, a gardé en Polynésie toute sa charge occulte menaçante. "Toucher  ce qui est tapu attire le malheur sur soi et son entourage, explique Tahia, piroguier à Bora Bora. Et l'on peut attraper des maladies terribles" Dans les cinq archipels, cette notion de tabou est omniprésente, aussi bien dans les petits faits de la vie  courante que  dans les grandes occasions. Tapu implique non seulement un interdit mais une dévotion à quelqu'un ou quelque chose
.

Or, détourner ce qui ne vous était pas destiné crée une dysharmonie, passible de châtiment ; Il y a des petits et des grands tapu, dont les effets sont de gravité graduée. Ainsi, le tapu qui frappe certaines plantations et biens privés peut s'assortir de mauvais sorts qui demeurent en suspens jusqu'à l'intervention des transgresseurs sur lesquels ils s'abattent. Pour s'en délivrer, ces derniers
auront recours aux professionnels qui promettent désenvoûtement, libération, exorcisme, protection.

Sont extrêmement tapu, les maraes, ces lieux de culte anciens où, rois et prêtres célébraient les grandes cérémonies à Taaroa, le dieu de la création, à Oro, dieu solaire de la Guerre qui le détrôna, ou à Tane, dieu de la beauté.
Si la plupart des cérémonies semblent avoir requis la présence d'offrandes propitiatoires, les plus tapu nécessitaient des sacrifices humains. Nul autre que les célébrants ne pouvait y assister, sous peine de mort immédiate.

Or, sur l'île de Tahiti, les marae les plus sacrés se trouvent dans la partie supérieure des vallées, voire sur les pentes de l'intérieur.
Où, de nos jours, malgré l'ouverture d'une piste, les Polynésiens ne s'aventurent jamais, à l'exception de quelques chasseurs et pêcheurs. Envahies de palmes, de lianes, de fleurs, d'arbustes, les terrasses de ces sites archéologiques, délimitées par de grosses pierres rondes en lave noire, sont impressionnantes. Comment ne pas songer aux tupapau qui rôdent dans les parages ?

Ce sont les esprits, pas toujours bienveillants, de ceux qui sont passés dans l'au delà et prennent un malin plaisir à nuire aux vivants. A ne déranger sous aucun prétexte. Ainsi, aux Marquises, évite t-on encore de passer près des endroits où on faisait sécher les morts avant de les installer dans des grottes innaccessibles, face à la mer.
La nuit est propice à l'errance de ces tupapau. Aussi, pour les éloigner, garde-t-on  une ampoule ou une bougie allumée jusqu'à l'aube. Et l'on se fige d'épouvante si les cris rauques d'un oiseau de mer, investi par quelque force occulte, viennent se mêler au grondement de l'océan. Mais que la lune se lève ou que le grillon vert se mette à chanter, et le tupapau en déroute regagne le
royaume des ombres, tandis que, dans les fare alentour, on respire de soulagement.

Contre ces êtres indésirables, rien ne vaut un tiki protecteur. Statue issue de l'ancien culte maori, il représente une puissance divine.
ll y a des tiki de toutes dimensions, en bois, en pierre, en corail, ou en métal précieux, à porter autour du coup. Certains sont neutres et d'autres "vivants", ces derniers étant chargés en mana.

Le mana peut se définir comme une force, un rayonnement invisible dont tout être humain possède quelques bribes.
Un tiki vivant en est imprégné. Mais son action n'est pas automatiquement positive car il a sa personnalité propre.
Bénéfique à un individu, à une famille, ou à un lieu, le tiki peut se révéler maléfique à d'autres. Si certains, très anciens, ont vu leur mana s'estomper et sont  "morts" ou "assoupis", il en est dont la réputation s'étaye sur le nombre de décès étranges survenus chez des individus qui les avaient offensés ou changés de place. On reconnaît les tiki vivants au fait que les insectes les fuient systématiquement....

On dit que quelques tahua, les sorciers guérisseurs, connaîtraient encore les rites d'imbibition énergétique des tiki. Ce n'est pas plus incroyable que la marche sur le feu. A la nuit tombée, sur l'esplanade du musée de Tahiti et des îles qui , à Punaauia, domine la plage, plusieurs centaines de personnes se pressent autour d'un tapis de pierres volcaniques disposées sur une dizaine de mètres de long et cinq de large. La chaleur qui s'en exhale est dissuasive, comme les flammes jaillissant entre les pierres.

C'est pourtant sur ce brasier que Jacky Graff entraîne à sa suite ses jeunes officiants. Comment reconnaître dans cet impressionnant grand-prêtre couronné de feuilles de ti l'homme que l'on a l'habitude de voir sillonner le boulevard Pomaré sur sa Harley-Davidson ? Trois semaines de retraite et de concentration lui ont permis d'opérer la métamorphose et de guider les pas, d'une foule de fervents et de curieux à travers la fournaise.
Le lendemain matin, on pourra lire dans la dépêche de Tahiti, que trois japonais ont été hospitalisés avec des brûlures aux pieds.
Ils avoueront avoir bu de la bière dans les heures précédant la cérémonie, bravant ainsi le tapu qui avait pourtant été clairement proclamé : devaient s'abstenir de participer les femmes enceintes, celles qui avaient leurs règles et les personnes  qui avaient consommé de l'alcool.

Pourquoi l'interdiction aux femmes enceintes ? Elles sont porteuses des êtres les plus sacrés de Polynésie. L'expression "mon enfant" signifiant que si les parents mettent les enfants au monde, ils n'ont aucun droit sur eux. Ils vivent comme ils veulent, couchent chez les uns, mangent chez les autres ; ils sont rois. Qu'une femme se prenne d'affection pour l'enfant d'une autre, celle-ci lui laisse élever avec joie sans pour autant s'en désintéresser. Ainsi se définit la fameuse adoption faa'amu, qui surprend tant en Europe.

Dans la société Maorie, le nouveau-né était on ne peut plus tapu, car il débarquait du po, l'au delà, par le vagin marternel.
Actuellement encore, nul ne laisserait le placenta à l'hôpital. La grand-mère maternelle, celle qui donne le lignage, veille à ce que cette enveloppe prénatale protectrice soit enterrée sur les terres familiales. Puis, à cet endroit, on plante un arbre.

(Eve Sivadjian)

(Cliquez sur la bannière ci-dessous pour y découvrir la superbe collection de tikis sur les albums de mon ami Jo (que je salue au passage...) après être entré sur son site).

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Les marae :


Les rites étaient célébrés dans des lieux et sur des emplacements bien précis, les marae. Ces édifices sacrés étaient bâtis à l’air libre, à l’écart des lieux fréquentés. Ils étaient entourés de banian, de aito, de bois de rose et de tamanu, des arbres que les Polynésiens considéraient comme sacrés.

Ils étaient de forme rectangulaire et pavés de pierres ou de corail selon les archipels. Ils peuvent être entourés d’un mur et d’un autel. Ils comprenaient également d’autres constructions comme le "fare tapupa’u", qui accueillait le corps des défunts, et le "fare tahu’a", qui était la maison du prêtre.

Visitez ce lien très intéressant :     ICI


Des édifices symboliques

 

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Le marae servait à toues les cérémonies de la vie :

L'intronisation, les mariages, les sacrifices ou encore les offrandes. Le cannibalisme, qui se pratiquait dans la Polynésie des temps anciens, était perçu comme un transfert de pouvoir et de la force du guerrier tué vers sont vainqueur. Ils symbolisaient également l'apprtenance le l'individu à une terre, une famille ou un clan. Il existait des marae royaux et des marae familiaux.

Les écrits des explorateurs tels que Wallis, Cook et Bougainville permettent d’avoir un aperçu du déroulement et de l’utilisation de ces lieux de cultes polynésiens. En outre, pendant les fêtes du Heiva i Tahiti, chaque année, des reconstitutions de cérémonies sont organisées notamment au marae de Arahurahu dans la commune de Paea. Le marae le plus grand, recensé de nos jours, se trouve sur l’île de Rai’atea. Il s’agit du marae de Taputapuatea.

Les tahu’a

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Un rôle religieux et social :

Les tahu'a sont les prêtres. Ils n'étaient pas tous des officiants religieux. Ils avaient un rôle social bien plus important. Dans la langue polynésienne, "tahu'a" signifie "celui qui sait", "celui qui voit". Il est une personnage cultivé, initié dans un artdont il appréhendait toutes les subtilités. Il y avait notamment un tahu'a pour naviguer, pour la pêche et pour guérir. Il veillait à l'observation et au respect de toutes les règles de la communauté. On raconte qu'un (tahu'a aurait prédit l'arrivée des Européens plusieurs décennies avant la colonisation.

La colonisation apporte le christianisme .
La religion polynésienne d’antan était stricte et dure. Si bien que lorsque les missionnaires européens arrivèrent sur l’archipel vers la fin du XVIIIème siècle, ils sont parvenus aisément à faire adopter les dieux chrétiens. Les Polynésiens ont donc abandonné leurs croyances et depuis la religion polynésienne est devenue un mythe. Les tahu’a ont perdu leurs privilèges et furent pourchassés pour paganisme.

(Mayma Vongue le 26 février 2005)


Légendes polynésiennes :      ICI



livres à lire dans contes et légendes :

Contes de Tahiti - Martine Dorra - éditeur : Syros - ISBN : 274-850366-x - année 2005 (publication destinée à la jeunesse) - 4,90 €

Légendes tahitiennes - Présentées et traduites par Louise PELTZER - éditeur : Fleuve et flamme (Collection du Conseil International de la langue Française) - Textes bilingues - ISBN : -85319-152-4 - année 1985 - en occasion à 11 €

Contes du Pacifique - Henri Gougaud - illustré par Laura Rosano - Editeur Seuil - ISBN : 2-02-030701-4 - année 2000 - 12,95 €

Fa'a'amu, le petit secret de la nuit - R. M. Galliez et N. Bernier  Editeur : Au vent des îles - 2004 - 11 €

La gardienne des tortues, trois histoires de Polynésie - Martine Dorra - Editeur : Syros Jeunesse - 2005 - ISBN : 2-74-850382-1- 4,90 €

Les jumeaux du Temehari - Odette Teipoite Marama Frogier, illustrations de Huren - Editeur : Au vent des îles, Tahiti - ISBN : 2-909790-90-8 - 14,50 €

Taourama et le lagon bleu - J. Teisson - Editeur : Syros Jeunesse - ISBN : 2-748504-55-0 - 4,90 € (roman)   (Maururu Diablo...)

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QUELQUES MAGNIFIQUES LEGENDES

 

 

Eia i na po omua E pohue a'a Oatea me ta ia vehine o Atanua

Il y a longtemps, longtemps, le soleil brillait sur la mer et il n'y avait pas d'îles.

Y-vivaient en ce temps-là, Oatea et sa femme Atanua. Ils n'avaient pas de maison. Puisqu'il n'y avait pas d'îles pour construire les maisons.

Alors Atanua dit à son mari :" On ne peut pas bien vivre sans maison."

Oatea ne répondit pas. Il pensait :" Comment vais-je faire pour construire une maison ?"

Oatea invoqua les Dieux, ses ancêtres.

Un soir, il dit à Atanua :" Cette nuit, je vais construire notre maison. Maintenant je sais comment faire."

Il faisait nuit. La voix d'Oatea s'entendait seule dans le noir. Il dansait et chantait :

"Aka-Oa e, Aka-Nui e, Akaïti e, Aka-Pito e, Aka-Hana e, Haka-tu te Hae."

L'invocation terminée, le travail commença. 

L'emplacement fut choisi : dans le milieu de l'Océan, deux piliers furent dressés (Ua Pou).

Une longue poutre fut placée sur les deux piliers (Hiva Oa).

Alors il fallut assembler les pilliers et la poutre. Le toit devant et le toit arrière, Te ka'ava ao, Te ka'ava tua (Nuku Hiva) ?

La maison fut couverte de feuilles de cocotiers tressées (fatu).

La maison était grande. Il fallait neuf feuilles de cocotiers tressées pour la couvrir dan sa longeur (O Fatuiva).

C'est un long travail de tresser les feuilles de cocotier, et de faire de la corde avec de la bourre de coco.

Le temps passe, il passe vite. Oatea travaille, travaille sans s'arrêter.

Soudain, Atanua dit à son mari :" La lumière du jour commence à éclairer à l'horizon du ciel." (O Tahuata).

"Moho, l'oiseau du matin chante déjà" (Mohotani).

Oatea sans s'arrêter répond : " Je termine".

Il me reste à creuser un trou pour mettre le surplus de feuilles et de bourre de coco." (O Ua Huka).

Alors le soleil se lève et illumine l'Océan.  Voici la maison construite par Oatea.

Atanua sa femme s'écria :  Ei, ei, ei, ua ao, (O Eiao).

Ua Pou, Hiva Oa, Nuku Hiva, Fatu Hiva, Mohotani, Tahuata, Ua Huka et Eiao, voici donc les îles Marquises ruisselantes de lumière dans le soleil levant.

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LA DANSE DE L’OISEAU (légende Marquisienne)

Dans la vallée de HATIHEU, Tahiatemata la sœur du grand chef des Taipi vient de mourir.

Toute la tribu s'est réunie pour célébrer solennellement les funérailles.

Chacun sait que l'esprit d'un défunt dispose de trois jours pour quitter définitivement son corps. Ce délai est mis à profit pour rappeler tous les plaisirs de la vie.

C'est ainsi que le dernier jour, la belle jeune femme choisit d'exécuter le Hakamanu, la danse de l'oiseau.

La mélopée du chœur des femmes l'accompagne dans ses mouvements.

Les gens de la vallée sont pétrifiés : la grâce et la majesté de Tahiatemata n'ont à leurs yeux jamais été égalées par aucune autre danseuse de la tribu.

Seulement, lorsque la dernière note du Hakamanu s'éteint, l'esprit de la belle s'envole sur un rayon de soleil, ne laissant à l'assistance que son corps qu'il faut maintenant sécher et enduire de " pani " et d'autres huiles odorantes.

Comme toutes les âmes des habitants de la Terre des Hommes, celle de la danseuse part vers le cap " kiukiu ", au levant de l'île de Hiva-Oa.

A ce même moment, dans la baie de " Puama'u ", à Hiva-Oa justement, un jeune pêcheur assis sur un rocher au bord du rivage lance sa ligne et la ramène.

Les vagues viennent se briser sur les galets, et lorsqu'elles repartent vers le large, une image de plus en plus nette se dessine sur le sable aux pieds du pêcheur : elle a la forme humaine !

Alors, à la manière d'un oiseau qui rassemble ses ailes pour son envol, Hi'imoana le pêcheur saisit dans ses bras l'image de sable déposée par la mer

Elle vient toute entière : c'est une femme merveilleuse !

Il la porte à son " ha'e ", la baigne et lui porte les fleurs les plus rares.

Déjà, il sait qu'il l'aime… Bientôt un fils va naître et grandir aux côtés de Hi'imoana et de la femme étrange. Ils vont l'appeler Poena'iki Quelquefois, la mère raconte à son enfant l'histoire de sa famille qui règne à Nuku-Hiva dans la vallée de Hatihe'u, sur le peuple de Taipi.

Poena'iki a dix ans. Curieux de connaître le berceau de ses ancêtres, il décide de se joindre à un parti de jeunes guerriers de Puama'u pour une expédition de chasse à l'homme le long des rivages de la lointaine île rivale.

Hélas, les navigateurs manquent d'expérience.

Ils tournent autour de Nuku-Hiva, abordent au mauvais endroit, se font prendre et manger par les hommes de Hatihe'u. Seul le jeune garçon est épargné ; mais on le jette dans une fosse à " ma ".

Un minuscule orifice, juste assez large pour la bouche et le nez, lui est laissé entre les pierres…

Le pauvre enfant se lamente sans cesse, criant son nom et celui de sa mère avec désespoir.

Un jour, un grand " toa " tend l'oreille aux lamentations du prisonnier et croît reconnaître le nom de la sœur de son chef, morte depuis longtemps . Il courut vers le " hakaiki .

- " Uhutete, as-tu autorisé quelqu'un à porter le nom de ta sœur défunte ?

- Bien sûr que non ! Pourquoi ?

- Je l'ai entendu prononcer par le jeune captif. Il prétend que c'est sa mère.

- C'est impossible ! "Qu'on aille le chercher ! "

Le " toa " exécute l'ordre et amène Poena'iki

- " Si tu es le fils de cette femme, tu dois reconnaître son corps "

Deux hommes robustes apportent la pirogue dans laquelle gît le cadavre desseché et le présent à l'enfant. Celui-ci, éperdu, reconnaître sa mère dans la " vaka tupapa'u ".

- " Alors, dit le chef Uhutete, si cette femme qui à ma connaissance n'a jamais enfanté est ta mère, elle a dû t'enseigner un rite particulier qu'elle seule était en mesure d'exécuter ". 

Poena'iki ne sait pas ; sa mère ne lui a rien révélé de pareil .On le remet dans la fosse .

Pendant ce temps, à Hiva-Oa, dans la vallée de Puama'u, les parents s'inquiètent du sort de leur fils et le père décide de partir à sa recherche. Alors, Tahiatemata, sentant le moment venu de dévoiler sa vraie nature, raconte :

- " Je suis une âme errante. Je n'ai pas accepté en son temps d'aller rejoindre les autres " kuhane " dans le " havaiki " des morts ; j'aimais trop la vie ! C'est pour cela que tu m'as trouvé sur la plage. Avant que tu partes chercher notre fils, je vais t'enseigner le 'hakamanu ". Moi seule en connais les gestes et la grâce qui en est capable de plonger les hommes et les femmes dans le plus grand émerveillement ". C'est ce qu'elle fait.

Et Hi'imoana, plus amoureux que jamais, il part pour l'île de Nuku-Hiva sans savoir qu'il ne reverra plus jamais Tahiatemata vivante. Vaste est l'océan pour l'homme solitaire…

La voile et la pirogue unissent longtemps leurs efforts pour mener le pêcheur jusqu'à la baie de Hatihe'u. Une feuille de " 'auti " brandie en signe de paix, il arrive devant le " haka'iki ". Uhutete lui présente le corps desséché dans le " vaka tupapa'u " et lui dit :

- " Tu prétends que ma sœur morte est ta femme. Tu affirmes être le père du prisonnier. Prouves-le ! ".

Hi'imoana, brisé d'émotion mais fort de son secret, demande qu'on le libère son fils et que l'on convoque les femmes qui chantent le " hakamanu ".

A Hatihe'u, sur le grand " tohua " de Hikoku'a, les voix entament la mélopée, et le père exécute avec la justesse et la grâce enseignée par sa femme, la merveilleuse danse de l'oiseau devant l'assistance médusée.

- " Qu'on apporte à manger à mon neveu et à mon beau-frère ! " parvient seulement à dire Uhutete…

La nuit était maintenant tombée sur la baie de Taiohae. Teikikeuhina, le chef de danse, se leva du " paepae "

Pikivehine, pour rejoindre les tambours et les danseurs qui l'appelaient. Il avait entendu Mokohe la frégate : il allait faire renaître la danse légendaire. De Nuku-Hiva à Ua-Pou, de la pirogue des jeunes guerriers à la pirogue cercueil, entre le monde des vivants et des morts, la danse de l'oiseau c'est la danse de l'amour et de la vie sur la Terre des Hommes….

Vocabulaire 

Hatihe'u : une des vallée de Nuku-Hiva

Nuku-Hiva : la capitale des îles Marquises

Haka'iki : Le chef de la tribu

Hakamanu : danse de l'oiseau

Pani : Huile odorante

Puama'u : une des vallées de Hiva-Oa

Ha'e : maison

Ma : une fosse

Toa : Un guerrier

Vaka tupapa'u : une pirogue cerceuil

Tohua : Terrain

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LA LEGENDE DE HAI PUKA ( l'homme poisson )

Dans l'immense baie de la vallée de Puamau, sur l'île de Hiva Oa, Hai Puka vivait dans la mer. Il ne sortait jamais de l'océan. De toute façon, personne ne s'en préoccupait. Il était quelqu'un de gentil. Il ressemblait à la fois à un homme et à un poisson.

La seule dans le village de Puamau qui connaissait l'histoire était la plus vieille prêtresse de l'île, Taua Vehine Teumomo, mais elle n'en avait jamais parlé car elle avait toujours su qu'un jour elle aurait besoin de l'aide de Hai Puka.

Or, ce jour était venu. Taua Vehine Teumomo avait une fille très belle que tout le monde appelait Kua. Elle était tombée amoureuse du chef de cette vallée et avait eu un enfant de lui. On l'appela Teiki Ehee Tai. Ils devaient se marier. Malheureusement, une guerre éclata et le grand chef Teiki fut tué lors des combats. Kua était restée inconsolable.

La vieille Taua Vehine Teumomo ne disait rien, mais le nom de son petit-fils la rendait cette fois sûre qu'un jour elle aurait besoin de Hai Puka. Et ce jour était donc arrivé car, le matin même, Kahu, le chef des guerriers de la vallée voisine, était venu demander en mariage la belle Kua. Et la jeune femme si fière avait refusé. Elle avait déclaré que, tant que son fils serait là, elle ne penserait qu'au père de son enfant.

Durant la nuit, Kahu s'empara de son garçon. Il le jeta dans l'océan.

Le lendemain matin, alors que Kua cherchait en pleurant son fils dans toutes les maisons de la vallée, la vieille avait déjà tout compris et courut vers la plage puis commença à crier : - Hai Puka, Hai Puka ! Elle appela longtemps. La mer se mit à monter et une vague déposa sur la plage l'homme-poisson. Taua Vehine Teumomo lui dit simplement : - Va à la pointe Kiukiu, un enfant est en route vers le havaiki, il faut que tu le ramènes ici. Après, je te dirai tes origines et je te donnerai une mère, une femme et un fils. Fais vite.

Alors, il nagea aussi vite qu'il put vers la pointe ouest de l'île et trouva l'enfant qui dérivait, porté par les courants en direction du havaiki. Il le ramena jusqu'à Puamau.

Sur la plage, Taua Vehine Teumomo n'avait pas bougé. Kua l'avait rejointe, elle se tenait à ses côtés, en sanglots. Hai Puka sortit de l'eau en tenant l'enfant à bout de bras. Kua se précipita pour récupérer son fils puis, en découvrant la laideur de l'homme poisson, elle s'enfuit en courant. Taua Vehine Teumomo parla à Hai Puka et lui demanda de marcher avec elle jusqu'à sa maison.

Le long du chemin, elle lui raconta comment, il y a longtemps, ses parents et toute leur tribu avaient été obligés de s'enfuir de leur vallée et de quitter leur île.

Elle l'emmena non loin de chez elle, juste à côté de la rivière, et lui ordonna de creuser un trou profond et d'y allumer un grand feu. Puis il fallut couvrir ce feu de pierres et attendre qu'elles blanchissent sous la chaleur. L'eau s'est mise à fumer, Taua Vehine Teumomo y jeta des herbes, des feuilles et des fleurs, et demanda à Hai Puka de s'allonger dans ce bain bouillant. Au fur et à mesure, il sentait fondre le corail qui le couvrait, les algues qui s'entrecroisaient se détacher, et les coquillages se décrocher.

Quand la vasque refroidit, un beau jeune homme se releva avec un magnifique sourire. Kua, qui avait suivi toute la scène cachée dans les feuillages, s'approcha, tenant son fils dans les bras. Elle ne dit rien et se précipita vers Hai Puka.

La vieille prêtresse ajouta : - mon fils, tu as aujourd'hui une mère, une femme et un enfant. A toi d'en prendre soin !

Pour la première fois de sa vie, Hai Puka comprit qu'il ne serait jamais plus un homme-poisson et qu'il allait enfin être heureux.

 

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  SUITE DES LEGENDES SUR CES LIENS

                          (à ouvrir, ou à enregistrer sur votre PC)


- LA LEGENDE DE HITIA'A

- LA LEGENDE DE HINA RURUTU Archipel des Australes

- LA LEGENDE DE KAE ET DE PUTURUA

- LA LEGENDE DE L'ARC EN CIEL

- LA LEGENDE DE L'OISEAU

- LA LEGENDE DE L'ORIGINE DES CHIENS

- LA LEGENDE DE LA CHENILLE HITIAA

- LA LEGENDE DE LA FEMME ENDORMIE DANS LE JARDIN

- LA LEGENDE DE MONTAGNE PERCEE DE MOOREA

- LA LEGENDE DE LA NOIX DE COCO

- LA LEGENDE DE LA TIARE

- LA LEGENDE DE MAMAO 

- LA LEGENDE DE MOOREA

- LA LEGENDE DE PAI

- LA LEGENDE DE PEVA ET DU SOLEIL TE AAMA O PEVA E O RE

- LA LEGENDE DE PIPIRIMA

- LA LEGENDE DE PUNA L'ENVAHISSEUR

- LA LEGENDE DE PUNAAUIA

- LA LEGENDE DE RAHI (Nouvelle Zélande) 

- LA LEGENDE DE ROY MATTA

- LA LEGENDE DE RUAHUTU DIEU DE L'OCEAN

- LA LEGENDE DE TAHITI LE POISSON

- LA LEGENDE DE TEHEURA HIARAUREA ET TURI

- LA LEGENDE DE TEMAHURU

- LA LEGENDE DE TOHIVEA

- LA LEGENDE DES DAUPHINS

- LA LEGENDE DES 3 CASCADES

- LA LEGENDE DU MAIORE

- LA LEGENDE DU MOKO

- LA LEGENDE DU MOTU TAPU 

- LA LEGENDE DU HURU

- LA MORT DE HIRO

- MOKOREA UNE LEGENDE DE MAKEMO 

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L’artisanat polynésien


Les Polynésiens ont toujours su se montrer habiles à créer les armes, outils, ustensiles, qui leur étaient nécessaires dans les actions de la vie quotidienne.

 

Une activité ancestrale :

De tout temps, les Polynésiens ont utilisé tous les produits que leur offrait leur environnement : les fibres végétales, le bois, le coquillage, l’os, la pierre et le corail. Il apparaît que, d’une manière innée, ce peuple ait eu le sens du beau : la forme dépouillée, mais efficace de la pirogue, le tatouage, la sculpture, le chant et la gestuelle des danses en sont les preuves toujours visibles.

Il est difficle de faire une liste exhaustives des objets confectionnés et utilisés. En revanche, ils servaient dans la vie de tous les jours, que ce soit pour faire la guerre, chasser, pêcher, confectionner, se soigner, manger ou boire, ou encore dormir, en un mot, pour répondre à tous les besoins, de tous les instants de la vie de ces époques. Certains objets ont traversé les siècles et font encore partie du quotidien des Polynésiens.

De nos jours, on retrouve cette habileté et cette profusion dans l'artisanat d'art traditionnel des cinq archipels. Il tient une place importante dans l'économie locale, non pas qu'il génère notamment des retombées conséquentes, mais parce qu'il permet d'une part, à une quantité de gens, un appoint financier non négligeable et, d'autre part, la survie de tout un pan de la culture locale. Il existerait près de 9 000 artisants, non patentés pour la plupart, regroupés dans plus de 800 associations.

Une micro économie


Cet artisanat traditionnel est un fort vecteur d’une économie familiale, très populaire et répandue dans la société polynésienne de notre époque : on en voit la production partout, et, ce sont souvent de très belles choses. Toutefois, il reste difficile de donner une idée précise du poids financier de ces artisans et de leur secteur. Aucun chiffre ne permet de refléter l’exacte vérité de l’impact de cette micro économie dans les secteurs productifs locaux. Pourtant, beaucoup de familles vivent de l’artisanat et prospèrent.

Une identité culturelle propre .
Les Polynésiens peuvent distinguer l’origine de telle ou telle pièce artisanale, qu’il s’agisse d’une sculpture marquisienne, d’un tiki ou d’un tapa, étoffe végétale. Chaque archipel a sa spécialité, aussi, on sait d’une manière générale qu’une pirogue à voile vient de Bora Bora, qu’un chapeau en niau est des Australes et que les colliers en coquillages sont fabriqués dans les Tuamotu.

Les patchwork  :


Cependant, certains artisanats sont reproduits dans diverses îles. A Tahiti dans l’archipel de la Société, les mamas confectionnent des tifaifai, qui est le patchwork polynésien. Cet art traditionnel est également pratiqué à Rurutu dans l’archipel des Australes. Ce sont les femmes des missionnaires anglais qui amenèrent cette habitude de confectionner les couvre-lits, de bouts de tissus récupérés, rassemblés en patchwork.

Aujourd’hui, cette technique d’assemblage fait partie du patrimoine culturel polynésien. Ces pièces uniques sont cousus à la main et se déclinent à l’infini sur des thèmes simples de l’environnement de tous les jours : les fruits , les plantes , la mer et les animaux. Il y a même des concours du plus beau tifaifai, et la "bataille" est rude entre les mamas...

La nacre :

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De mémoire d’hommes, les Polynésiens ont toujours travaillé la nacre depuis qu’ils l’ont décourverte. Ils fabriquaient des hameçons, des outils à râper, à couper, des aiguilles et des éléments de décorations vestimentaires.

Aujourd’hui, la sculpture sur nacre a atteint des degrés de finesse et de beauté intéressantes. Par ailleurs, depuis une vingtaine d’années, la sculpture en générale connaît un essor et une reconnaissance identitaire en Polynésie française. Pour répondre à cette demande, le Centre des Métiers d’Art de Papeete propose des formations en sculpture sur bois et sur nacre. Les stagiaires apprennent égelement à travailler l’os et la pierre.

Le tressage  :

Tout comme la sculpture, le tressage occupe une place particulièrement importante, non seulement dans l’artisanat pour sa commercialisation, mais également dans la vie de tous les jours. Dans les îles Australes, les mamas racontent que c’est la déesse de leur archipel qui leur a transmis l’art du tressage, typique de ces îles. Depuis des temps immémoriaux, cet art traditionnel est transmis de mère en fille, sur le bout des doigts.

On retrouve une quantité d’objets usuels dans la vie de tous les jours. Les sols des maisons sont parés de nattes et de tapis tressés. Coiffées d’un chapeau, les mamas polynésiennes vont faire leurs courses au marché avec des paniers.

Ces objets sont principalement fabriqués en matériaux végétaux dont les plus exploités sont les palmes de cocotier et le pandanus, qui sont moins chers et permettent d’obtenir des finitions originales. Les Polynésiens utilisent également le bambou et le summum, qui sont plus difficile à travailler.

Des aides et formations


Cet artisanat a pris une telle ampleur que le gouvernement a décidé des mesures de soutien, surtout en direction des jeunes, par la formation, le développement des filières, la création d’entreprises et l’aide à la commercialisation. Ainsi, les taxes des patentes sont supprimées, des ateliers-relais, au nombre de 46 en 2000, sont mis à disposition qui accueillent les jeunes projets.

Ces aides comprennent également les formations d’appui, en matière de gestion, d’initiation aux techniques de vente et aux langues étrangères, ainsi qu’un soutien logistique lors de la participation aux manifestations artisanales, tant sur le territoire qu’à l’étranger.

Les jeunes Polynésiens peuvent s’initier et apprendre les techniques du tressage dans les structures de formations artisanales comme le Centre de Jeunes Adolescents (CJA), les Centre d’Education aux Technologies Adaptées au Développement (CETAD), les Maisons Familiales et Rurales (MFR) qui sont plutôt réservées aux jeunes filles, et le Centre des Métiers d’Art (CMA).

Les couronnes de fleurs  :

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Il est difficile de clore ce dossier sans parler d’une autre grande spécialité locale : la couronne de fleur, et d’une façon générale, la couronne de tête. A Tahiti, par exemple, certains Polynésiens et Polynésiennes portent encore des couronnes de cou et des couronnes de tête. La couronne de tête est devenue un véritable emblème national. Elle est un bijou, au même titre que le collier ou le bracelet en or.

La couronne de tête  :

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Selon l'inspiration ou le goût, leur confection fera appel à toutes les plantes, feuilles et fleurs du jardin. Le mariage des formes, des couleurs et des odeurs ainsi réunies, fait des couronnes d'une surprenante beauté. Une oeuvre d'art éphémère, star d'un jour, qui fanera le lendemain. Afin de conserver les fleurs, les mamas humidifiaient les compositons, qu'elles enveloppent dans un papier journal et qu'elles déposent dans le bac à légumes du frigidaire. Le lendemain, les fleurs paraîtront fraîches.

Jean -Raymond Bodin et Mayma Vongue

    
Le tifaifai

 

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Dans de nombreuses maisons polynésiennes, le Tifaifai est devenu une pièce maîtresse de la décoration polynésienne.

Patchwork de tissus, tantôt aux motifs géométriques, tantôt orné de fleurs et de feuilles, ses formes et ses couleurs expriment la nature et la vie quotidienne de l’archipel. Il est le fruit de longues heures d’un patient travail de conception, de préparation et de couture. 

L’histoire du tifaifai remonte au XVIIIème siècle. Le patchwork, plus particulièrement le kilt, est introduit en Polynésie française par les femmes des premiers missionnaires protestants américains, qui l’enseignent d’abord aux femmes de la haute société polynésienne. « Dans la langue polynésienne, le mot tifaifai vient du verbe tifai qui signifie raccommoder, rapiécer », explique Yvonne Bellais, qui a participé à la rédaction technique du seul ouvrage portant sur le tifaifai.

Elle se souvient : « lorsque j’étais petite, ma grand-mère me racontait que c’était la femme du pasteur Pratt qui a introduit le patchwork sur l’île de Tubuai. Elle a d’abord appris aux mères et aux grands-mères : les mamas, comment rapiécer les vêtements et utiliser les chutes pour en faire une couverture. Le tissu coûtait cher, il ne fallait donc pas le gaspiller.

Depuis, la technique s’est répandue dans toutes les familles et dans la plupart des îles. On le retrouve dans les divers archipels océaniens, notamment aux îles Cook et à Hawaii, sous des appellations différentes. »

Bien avant l'arrivée des Européens, les Polynésiens fabriquaient un tissu végétal que l'on appelle tapa avec des écorces d'arbre. Lorsque le tapa a été remplacé par le calicot, ils se sont donc naturellement appropriés le patchwork. Au fil des années, le tefaifai est devenu l'un des symboles les plus marquants de l'artisanat polynésien.

 

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Un cadeau traditionnel

On offre traditionnellement un tifaifai lors de grandes occasions, comme un mariage ou une naissance. Par exemple, à l'occasion de la visite du président de la République sur le territoire en juillet 2003, Bernadette Chirac a reçu un tifaifai en mosaïque, aux ramages géométriques et aux couleurs chatoyantes en cadeau de bienvenu. Il sert à couvrir les oreillers, le lit et parfois à tapisser les murs des maisons.

Les motifs


Autrefois, les mamas recherchaient principalement leur inspiration dans la nature. Parmi la multitude de dessins de fruits et de fleurs : ananas, hibiscus, fougères, feuille de l’arbre à pain ainsi que la fameuse tiare Tahiti, emblème de la Polynésie française. Une fois cette technique d’assemblage acquise, les artisans polynésiens ont laissé libre court à leur imagination et à leur créativité.

Les motifs s’enrichissent et on voit apparaître de nouveaux dessins originaux et figuratifs, avec des tatouages polynésiens. Certaines couturières vont jusqu’à raconter leur histoire ou celle de leur île sous différentes coutures.

Il existe deux types de Tifaifai en Polynésie :

Le tifaifai pû

Que l’on peut traduire par patchwork en mosaïque et le tifaifai pa’oti ou tifaifai tapiri que l’on traduit par patchwork en applique.

Le tifaifai pû reprend les bases principales du patchwork, qui consiste à l’assemblage de morceaux de tissu de formes et de couleurs différentes. En général, le patchwork en mosaïque est confectionné par un groupe de deux à cinq mamas, et parfois plus. Elles s’activent à coudre des petits morceaux d’étoffe jusqu’à réaliser une couverture aux ramages géométriques, représentant notamment une rose des vents ou des étoiles.

Le patchwork en applique est typique à la Polynésie française. Il est également appelé tifaifai pa’oti ou tifaifai tapiri par les mamas polynésienne. Le mot pa’oti signifie « couper » et désigne également une paire de ciseaux. Quant au terme, tapiri, il peut être traduit par « applique ».


Le tifaifai pa’oti ou tifaifai tapiri

Il faut toutefois faire attention dans le choix de la matière : éviter les textiles extensibles et ceux qui déteignent au lavage.

L’utilisation d’une machine à coudre peut permettre de gagner du temps, mais la finition se fait toujours à la main. Par ailleurs, les amateurs préfèrent toujours un drap cousu main à un drap cousu à la machine.

De nos jours, par soucis d’économie ou par goût pour la couture, ils préfèrent acheter le tifaifai assemblé et bâti. Il coûtera trois à quatre fois moins cher qu’un produit fini. Monté, il coûte entre 5 000 et 10 000 francs pacifique alors que le prix d’un drap fini varie entre 30 000 et peut atteindre 120 000 francs Pacifique.

 

Visitez ce lien :    ICI

Défendre le tifaifai de Polynésie

L’art du tifaifai a évolué grâce au travail et aux manifestations culturelles organisées chaque année par le ministère de la Culture de l’archipel, le service de l’Artisanat traditionnel et le comité Tahiti i te rima rau. Ces expositions et ces concours permettent de mettre en avant la qualité et le travail des produits polynésiens.

Bien que la confection du tifaifai soit devenue une activité artisanale et commerciale locale, il n’existe pas d’école de couture où l’on enseigne cet Art. Il est surtout transmis de mère en fille, d’une génération à l’autre.

L’association « Te api nui o te tifaifai »
En parallèle à ce renouveau culturel, le tifaifai est menacé par des marchandises importées des pays asiatiques, qui reproduisent les motifs polynésiens et qui sont simplement peints sur un drap. Afin de contrôler la commercialisation et de protéger le « tifaifai polynésien », en janvier 2002, des artisans décident de se rassembler et de créer une association : « Te api nui o te tifaifai », le « renouveau du tifaifai ».

Depuis deux ans, de nombreux travaux de réflexions ont été réalisés. « Nous envisageons de créer un label et de permettre à nos artisans de faire breveter leurs dessins. Il est également question d’installer une centrale d’achat et d’harmoniser les prix du tifaifai », explique Béatrice Le Gayic, présidente de l’association. « Notre démarche s’inscrit dans une volonté de lutter contre les tifaifai importés et les contrefaçons, car un tifaifai ne se résume pas à un drap peint. De plus, nous voulons aussi encourager nos « mamas » à valoriser ce savoir-faire en présentant un travail de qualité et en établissant des prix raisonnables. »

 

Pour en savoir plus :

A lire : Tifaifai, the Tahitian patchwork, Collection Arts et Traditions, Ministère de l’économie et de l’artisanat de la Polynésie française

La réalisation d’un tifaifai s’effectue en quatre étapes : le dessin, la découpe, le bâtissage et la couture. Cette dernière étape est l’opération la plus longue. Tout dépend de la dimension du drap, de la complexité du motif et de la finition, s’il est brodé ou non. Par exemple, une couturière expérimentée mettra en moyenne un mois pour coudre et broder un tifaifai, représentant deux couronnes de tiare Tahiti. En revanche, elle prendra deux semaines pour un ramage avec des ananas.

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29 janvier 2007

LE TOERE (instrument à percussion) et LE TATTOO POLYNESIEN (tatouage)

    LE TOERE

 

 

   

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Le TOERE est un instrument très caractéristique de l'orchestre Tahitien. D'apparence simple il est le résultat d'un long travail qui va du choix du bois à la préparation de l'instrument : c'est une vraie sculpture. La baguette que l'on utilise doit être suffisamment lourde -souvent en Aito- pour faciliter les roulements et les enchainements rapides. Dans l'orchestre, le toere occupe la place de chef : pahe,  toma , solos...

 

 

Cliquer sur ce Toere à gauche Pour écouter ses magnifiques sons

Originaire des îles Cook, le "toere" est l'instrument de percussion polynésienne par excellence.
Il n'y a cependant pas plus simple comme instrument !

C'est un tambour sans membrane, taillé dans une simple bille de bois de "ati"(le fameux tamanu), de "miro" (bois de rose) ou encore de "pou".

Sa fabrication artisanale demande une bonne maitrise du travail du bois associée à "une bonne oreille".

Il existe plusieurs sortes de "toere" :

Nous retiendrons le "toere hoe" qui est posé debout et avec lequel on joue avec une seule baguette et le "tairi piti" qui est posé horizotalement et qu'on utilise avec deux baguettes.

Bien que "rustique", le "toere" n'en est pas moins un instrument riche en sonorités.

Comment se fabrique un Toere ?   ICI 

Voici une liste des instuments traditionnels du monde entier, dont : le toere  ICI

Et un autre lien très intéressant publié par un de mes amis, "les instruments des

îles ":    ICI

Une vidéo FIRE DANSE           ICI

 


 

Jolie démonstration de Toere... entre autre

 

Une précision très importante qui provient de notre ami Teina dans le commentaire ci-dessous, mais que je mettrai cependant sur ce billet  en le remerciant : et n'oubliez pas d'aller voir son blog au passage, il est spectaculaire.

-  la baguette qui est utilisée pour taper sur le Toere est choisie (le Aïto) parce que c'est un bois dur... à force de taper sur un Toere, un autre bois ne tiendrait pas le coup...

-  dans un orchestre, la place du chef c'est le "ARATA'i"... celui qui commande, (souvent il joue au Toere)... le TOMA ou le PAHAE etc... sont des noms de PEHE (rythmes)...

- la facon de taper sur un TOERE ne veut pas dire que l'on utilise un TOERE différent...il existe un seul TOERE, mais de sons (ou de bois) très différents les uns des autres.

Il existe 5 façons de taper sur un TOERE :  le "ta'iri mua" le "ta'iri muri"  le "arata'i", le "oro oro",  le" ta hape hape". La façon de taper le TOERE avec 2 baguettes, ce sont nos amis des Samoa etc.... qui le pratiquent.. ou pour jouer le PEHE du KAVA...

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LE TATOUAGE EN POLYNESIE "TATTOO"

 

 

 

 

Ses autres vidéos :   ICI

Une autre superbe vidéo de RFO sur cette page :     ICI

Et une autre des Samoa sur cette page :                  ICI

Histoire du tatouage


   


La preuve la plus ancienne du tatouage dans le Pacifique apparaît sous la forme d'une poterie vieille de 3000 ans. "Le visage de Lapita" montre des inscriptions dentelées sur le nez, les joues et le front, suggestif de la technique de l'application du tattoo.

Le tatouage indiquait souvent une appartenance à un rang social élevé. Il revêtait un caractère symbolique relatif au sacré et au surnaturel, à l'acceptation d'un individu à une communauté (le passage de l'adolescence à l'âge adulte par exemple) et à la fécondité. Il pouvait être réservé à des héros, souvent guerriers particulièrement valeureux. Le tatouage était toujours valorisant pour la personne qui était apte à recevoir ce privilège.




Tahiti tatau traditionnel


   

Celui ou celle qui en était recouvert se distinguait donc facilement grâce à cette forme d'ornement du corps. Ainsi le corps pouvait être recouvert presque entièrement.

Une magnifique vidéo qui explique l'origine du tatouage aux Marquises    ICI   (provenant de la collection ICA) ou directement sur le site   ICI

(l’importance du tatouage dans la société Marquisienne pré-européenne, tant sur le plan religieux que sur son rôle social)

 

   

 

 



Les motifs utilisés de façon symbolique faisaient souvent référence aux éléments naturels ( soleil, lune, végétation, animaux, points cardinaux, comètes, figures humaines) ou à de simples  figures géométriques ; ils pouvaient également évoquer la vie sociale : les combats, les armes de guerre, les sacrifices humains.  Selon la tradition, les hommes étaient abondamment tatoués, alors que les femmes préféraient des tatouages plus localisés intéressant les parties charnues de leur personne.

   

Traditionnellement, le tatouage était réservé aux classes supérieures. Cette pratique était liée au désir de renforcer le pouvoir de la fécondité, les liens avec le surnaturel, et plus que tout, cela revêtait un caractère sacré. 
   

Hommes et femmes portaient des tatouages sur diverses parties du corps ; la différenciation sociale était soulignée par des signes correspondant à chaque classe sociale, sous le contrôle vigilant des chefs :  quand un initié se voyait reconnaître de nouveaux mérites, il pouvait ajouter de nouveaux tatouages au précédents. Les femmes étaient moins ornées, mais les dessins étaient plus élégants et mieux exécutés parce qu'ils étaient considérés comme une parure. 
   

En revanche les hommes avaient souvent tout le corps couvert de tatouages. Seul le visage était respecté, à l'exception de quelques guerriers ou prêtres qui portaient parfois un emblème particulier sur le front et les lèvres. 
   

Chez les Marquisiens, il recouvrait entièrement le corps et la face. Les femmes étaient tatouées sur les hanches et sur les fesses, avec quelques motifs sur les mains et les chevilles. Dans les îles de la Société, les motifs se limitaient à la partie inférieure du corps, et chez les femmes, aux poignets et aux jambes.
   

Il existait une incroyable variété de motifs. Les chefs pouvaient avoir une multitude de tatouages sur leur corps et ceux-ci pouvaient évoquer une entreprise guerrière ou un évènement important. 
   

Il existe plusieurs types de tatouage : les tatouages destinés aux dieux, aux prêtres et aux chefs, héréditaires et réservés à leurs descendants ; les tatouages de type Hui A ri'i , Arioi'i , réservé aux chefs (hommes et femmes) ; les tatouages de type Hui To'a , Hui Ra'atira , To'ai , pour les chefs de guerre, les guerriers, les danseurs, les rameurs, etc. ; le type Manahune , pour les personnes sans généalogie ou sans ascendance héréditaire notable. 

Le tatouage a rapidement disparu avec l'arrivée des missionnaires. Les différents motifs et planches de personnages tatoués et autres relevés nous sont parvenus grâce notamment au peintre anglais Sydney Parkinson et à l'allemand Von Den Steiner. Aujourd'hui le tatouage connait un renouveau notoire dans la société polynésienne.

   samoan tattoo

Un rôle social en Polynésie


Les Polynésiens cultivent et développent depuis toujours l’art du tatouage, qui fait partie intégrante de la société. Autrefois, les inscriptions permettaient de définir le rang social de la personne qui les portaient, homme ou femme. Elles permettaient à chaque individu de définir son appartenance à un clan et de se reconnaître entre différents groupes. Tous se devaient d’avoir au moins un tatouage sur le corps.

Les enfants étaient tatoués pour symboliser leur entrée dans la communauté. En fonction du rôle social de chacun, de sa région d’origine, les tatouages variaient dans leur forme et la partie du corps sur laquelle ils s’inscrivaient avait aussi un sens. Aux îles de la Société par exemple, les individus pouvaient se faire tatouer aussi bien les mains, que les pieds, les jambes, les fesses, la langue ou plus rarement le visage.

Considéré comme un ornement, le marquage corporel est également un moyen de renforcer la fécondité dans les croyances ancestrales. Même s’il n’a aucune dimension religieuse, le tatouage peut également faire office de talisman. Par ailleurs, lorsqu’un homme fait preuve de courage dans ses actions, avec le tatouage, le souvenir de son exploit reste à jamais gravé sur sa peau. Les femmes, se font fréquemment tatouer des bagues et des bracelets ineffaçables. Le tatouage prend alors une valeur esthétique.

La cérémonie du tatouage


En Polynésie, l’acte de tatouage n’est pas anodin et doit se faire selon des rites particuliers et dans un lieu qui lui est propre. L’opération est effectuée par un maître tatoueur sollicité pour son savoir faire. Les deux parties s’entendent au préalable sur le tarif à appliquer.

Une fois les négociations terminées, le maître tatoueur et le futur tatoué se préparent minutieusement, à la fois physiquement et moralement pour cet évènement qui a là une valeur initiatique. A l’aide de ses outils à base d’os, de nacre ou d’émail le maître tatoueur opère sur son client. Le tatouage étant une pratique nécessitant du courage pour celui qui le sollicite, le client se doit de supporter stoïquement la douleur.

Il choisit un motif qui sera inscrit sur sa peau. Après avoir poinçonné le motif demandé, le maître tatoueur le colore avec un mélange de monoï et de noix de bancoul. L’encre obtenue est noire, elle prend une teinture bleutée sous la peau de l’être humain. Une fois le marquage effectué, les motifs indélébiles accompagneront le porteur toute sa vie.

Un symbole de richesse


Dans les temps anciens, les Polynésiens payaient leurs tatouages par le produit de leur travail. Ils troquaient ce qu’ils possédaient. Il pouvait s’agir de poisson, de fruits, de tissus, d’armes ou encore d’outils. Plus le nombre de tatouages était élevés, plus on pouvait supposer que le porteur de ces ornements était riche, ce qui augmentait son prestige.

La société se hiérarchisait alors sur ces règles, les plus riches, les rois et les chefs, sont les plus tatoués et inversement, les personnes les plus déshéritées n’étaient pas en mesure de s’offrir un tel luxe.

Un gage de virilité

La volonté de se faire tatouer implique donc une faculté à supporter la souffrance. L’ornement cutané devient alors synonyme de capacité de résistance à la douleur. Chez l’homme polynésien, le tatouage symbolise aussi la beauté et par conséquent son pouvoir d’attraction sur le sexe opposé. Un homme non tatoué était autrefois considéré comme laid froussard et pauvre, il ne pouvait prétendre épouser ni même approcher une femme.

Interdiction du rite païen

Considéré comme un rite païen par les missionnaires européens lors de leur arrivée sur l’archipel, le tatouage est interdit et réprimé à partir 1819 à Tahiti. Il disparaîtra complètement à Tahiti pour ressurgir un siècle plus tard. Les îles Marquises et leur voisine, la Nouvelle Zélande ne renonceront jamais à cette pratique.

Chez les Maoris :

Distinction sociale, les tatouages servaient aussi de "camouflage" aux guerriers dont l'aspect devait terroriser l'adversaire.

Mais leur fonction première, était d'ôter peu à peu à la personne humaine son caractère sacré, la nudité étant l'apanage divin. Ainsi, le nouveau-né, arrivé nu de l'au delà et frappé de tabou en tant que personne divine, était-il soumis au fil des ans à un rituel "humanisant", pour le protéger et le désactiver à la fois.

A l'adolescence, les tatouages montaient aux cuisses et, à l'âge adulte, envahissaient le corps entier. A la mort, les femmes considérées comme intermédiaires entre la vie et l'au delà, grattaient les tatouages pour libérer les défunts de leur peau humaine et les réintroduire dans le monde des dieux.

Pour terminer, voici deux liens où vous pourrez

admirer les plus beaux tatouages que j'ai trouvé sur le net sous forme de slides show. Bonne visite à vous !

Un magnifique site de Bernard LOMPRE      ICI   et     ICI

ET celui de MANA'O TATTOO    ICI

 

 

 

 


 

Visite des  TATTOOS Slides  :     ICI   et    ICI

 

   

   

 

 

 

 

Liens intéressants se rapportant au tatouage :

FORUM TAHITI FENUA

Posté par TIPANIE à 20:41 - CULTURE POLYNESIENNE - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

COMMENT COMPRENDRE LA DANSE POLYNESIENNE

Ia ora na tatou, (Bonjour tout le monde)

 

Pour ceux qui ne connaissent pas la Polynésie, ou la danse Polynésienne tout particulièrement, ma passion.... voici un petit récapitulatif pour vous y aider, et ces petits liens sous les photos, pour une démonstration...   

INFO : 

Si vous habitez dans le secteur de Nouméa, je vous conseille vivement l'école POLYNETIA, vous y apprendrez les danses de plusieurs îles (Polynésie, Samoa, Nouvelle-Zélande....)     visitez le site de Yolande et essayez.....    

POLYNETIA   (cliquez sur le lien)

 

Tahiti-Hotuhiva- 2006

http://www.dailymotion.com/video/xfb6x_les-grands-ballets-de-tahiti

http://www.mahea.com/QuickTimeGallery/OteaManuUra.html

http://www.dailymotion.com/video/xfbel_les-grands-ballets-de-tahiti

(cliquer sur les liens ci-dessus pour voir les  démos)   (Requiert Quick Time  et adobe flash player 9 pour la lecture, à télécharger si vous ne  l'avez pas)

 

Histoire :

Ancrée dans la nuit des temps, la danse conserve comme jadis son rôle social. Au même titre que la parole ou l’écriture, elle constitue un mode de communication dont la signification profonde n’est accessible qu’aux seuls participants et initiés.

Jadis interdite pour obscénité par le clergé, la danse est devenue la vitrine de Tahiti. La danse Polynésienne, Ori Tahiti, qui avait choqué les missionnaires par son caractère explicitement sexuel, entra au XIXe siècle dans la clandestinité. Elle en est sortie dans les années 50, avec des chorégraphes comme Madeleine Moua ou Coco Hotahota, fondateur du groupe Te Meva.

La musique et la danse, jadis censurées, connaissent un renouveau. Un moyen pour les polynésiens d'affirmer enfin leur civilisation non écrite. Avec une violence inouïe, le tonnerre des to'ere explose dans la nuite de Papeete. Giboulée jusqu'au fond des poitrines. Et s'arrête net. Livrant soudain l'espace à un silence saisissant. Et, juste au moment où les bruits alentour redeviennent perceptibles, la voix des tambours ébranle de nouveau les frondaisons des banyans.

Aux temps anciens, raconte Teuira Henry, dans un ouvrage publié au début du siècle, le battement du to'ere annonçait au peuple épouvanté le début et la fin des sacrifices humains. De nos jours, ce curieux tambour, constitué d'un tronc évidé, fendu sur le devant, marque de ses sonorités percutantes le Ori Tahiti, la danse polynésienne traditionnelle. Toutes deux sont indissociables, et font partie de leur culture, essentiellement orale. Le polynésien ressent profondément le besoin de créer des sonorités et de dessiner dans l'espace, avec son corps, des figures éphémères : le rythme lui est naturel. Les enfants le découvrent dès les premiers pas,raconte Coco, danseur, chorégraphe et fondateur du groupe Te Maeva.

Ancien élève de Madeleine Moua, à qui les îles doivent, au cours des années cinquante, la résurrection des danses traditionnelles longtemps interdites par les missionnaires puritains, il contribue depuis 20 ans à l'épanouissement de cet art qui retrouve dans le Heiva, les grades fêtes de Juillet à Papeete, sa dimension légendaire.

Plus de 1000 spectateurs, chaque soir, se pressent pour célébrer la musique, la danse, la jeunesse et la beauté. Dans une débauche de sonorités, de costumes éclatants, de guirlandes végétales et de cascades de fleurs de tiaré au parfum ennivrant, des centaines de danseurs composent des tableaux colorés.

A la lueur des torches, certaines scènes évoquent la tradition arioi, l'ancienne aristocratie des artistes aux talents innombrables. Musiciens, poètes, acteurs à l'imagination débridée

Sur des estrades dressées au bord des lagons, ils inventaient de fabuleux spectacles où se pressaient rois et grands chefs. Les îliens leur doivent, entre autres, la coutume de se parer de couronnes végétales et d'offrir des colliers de fleurs en guise de bienvenue.

Eclatants de violence à l'appel rauque du "pu", énorme conque marine, les danseurs du Heiva se font tout à tour aériens, suivant la frêle mélodie du "vivo", flûte nasale en bambou, ou frénétiquement voluptueux, dans le crépitement des to'ere. Ils sont cent mais ne font qu'un. Dans le martèlement des "pahu", les hauts tambours, ils chantent les paroles anciennes, battant le sol de leurs pieds, orteils bien écartés. Et, face aux vents, aux nuées, à l'océan immense, aux dieux, ils affirment ainsi la fragile existence des humains...

Aux îles Marquises,  la musique et la danse n'ont jamais cessé d'être sacrées. Réduites à la clandestinité pendant des décennies, comme dans les autres archipels, elles furent sauvées par monseigneur Le Cleac'h, évêque des Marquises de 1970 à 1986, qui autorisa la musique maorie à entrer dans les églises. Il fut l'un des fondateurs de Motu Aka, une association réunissant trois îles de l'archipel, Nuku Hiva, Ua Pu et Hiva Oa, qui organise régulièrement le festival des arts marquisiens.

Les danses marquisiennes expriment un répertoire de légendes, comme celle de l'oiseau, alternativement douce et violente. Elles représentent des rites : "le  putu", la danse la plus sacrée, ne dure que quelques minutes, mais  ne peut pas s'exécuter sans le rituel qui la précède et qui la suit . C'est une danse de guerriers, réservée aux hommes qui se parent de feuilles. Sans accompagnement instrumental, les danseurs chantent avec des voix puissantes, des paroles qui n'ont pas changé depuis les origines. Autre danse marquisienne "le rari" masculine également, s'exécute aussi bien assis que debout, et consiste en mouvements des bras et du torse. Il s'agit d'une danse de groupe, contrairement au "hahi" et au "hota", solos intervenant à des moments déterminés du rituel. Toutes sont brèves. Pas plus de 20 mns, tant les chants sont éprouvants pour la gorge des exécutants.

Chaque famille est dépositaire d'une danse. Et, nul ne la danserait sans la participation d'un des membres de la dite famille. Même marque de respect à l'égard des vieilles femmes du village, auprès de qui on vient périodiquement recueillir les paroles de chants pourtant connus de tous ! Ce retout aux sources permet de rester au plus près des mots originels. Et des figures dansées : les aïeules viennent assister aux répétions et corrigent les écarts.

A Atuona, la critique, depuis quelques années, porte sur la jeunesse des danseurs. Pour rester dans la tradition, disent-elles, il faut des voix puissantes d'hommes et de femmes.

L'importance accordée aux sonorités vocales s'explique par le fait que la danse marquisienne est entraînée par les chants. Souvent, on supprime même les pahu, à l'exception du plus grand, celui qui donne le temp : la basse sur laquelle toutes les voix se recalent. Fabriqué dans un tronc évidé de Kuaiki, une sorte de badamier, le grand pahu, qui peut atteindre 2.5 m de hauteur, était jadis tendu d'une peau de requin, aujourd'hui remplacée par une peau de boeuf. Pahu rutu roa (tambour à long battement), était consacré à Tane, dieu de la Beauté. Nul ne pouvait le confondre avec le Pahu nui a te toa (grand tambour de guerrier) ni avec le pahu rutu ma'a na te opu nui (tambour à battre pour la nourriture des ventres augustes), qui avertissait la population que les prêtres avaient besoin d'offrandes pour le marae.

Ainsi, à chaque instrument doté d'une sonorité différente, les anciens attribuaient une personnalité. Tous étaient sacrés parce qu'ils avaient le don de transformer l'univers sonore. Leur fabrication  était l'apanage d'une catégorie de prêtres. De nos jours, certains musiciens façonnent eux mêmes leurs tambours, issu d'un arbre vivant dont tout ou une partie pourrait faire un bon intrument. Ensuite, pour un to'ere, par exemple, il faut observer le trajet suivi sur l'écorce par le ruissellement des gouttes de pluie. A force de s'imbiber, cette partie du bois devient plus molle. Ce sera alors le ventre de l'instrument, l'endroit vulnérable où l'on creusera la fente. Le dos est la partie la plus dure et fera la résonnance.

Dans l'"aparima", qui décrit aussi bien la manière de préparer un plat, une rencontre amoureuse ou le mouvement des piroguiers, chaque geste a une signification (rima veut dire main). Dans les figures ci-dessous, il s'agit d'un aparima himene, c'est à dire, chanté

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Repos : les mains sur les hanches              Rythme : les coudes levés soulignent

indiquent l'attente                                        le déhanchement

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Amour : Les mains croisées                         Beauté : les bras levés célèbrent la

suggèrent une rencontre                               splendeur du monde

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Sympathie : bras tendus, elle                      Fleur : elle découvre des fleurs dont

attire vers elle les regards                           elle se pare

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Identification : par ce geste, la danseuse

se présente à l'assistance

Une symbolique complexe :          

       Dans la danse, les gestes et les attitudes des danseurs obéissent à une symbolique complexe, véritable langage du corps où la position des mains et celle des bras, mais aussi l’expression du visage et l’attitude du corps tout entier jouent un rôle important. Ainsi, les mains allongées et superposées alternativement à la hauteur du buste signifient « amour » (here). Les bras alternativement écartés et rapprochés, puis croisés devant le buste veulent dire "bienvenue" (maeva). Les bras élevés puis abaissés avec grâce de chaque coté du corps expriment la beauté (nehenehe), alors que écouter(faaroo), s’exprime par une ou deux mains portées aux côtés d’une oreille.
Chaque danse raconte une histoire qui puise son origine dans les actes et les sentiments de la vie quotidienne, du couple, dans les évènements historiques, mais aussi dans la mythologie et dans les épisodes de bravoure fameux des dieux.

Otea et Tamure

Le tamure, danse la plus populaire pour les visiteurs, est exécuté par des couples ; le tane (homme) bat des cuisses à un rythme saccadé, alors que la vahine (femme) roule des hanches au rythme endiablé des percussions du toere. Mais la danse la plus prisée des Polynésiens est l’Otea, exécutée par de nombreux figurants vêtus de leurs plus beaux more. C’est la danse la plus noble et la plus expressive. L’aparima est toute de grâce et de séduction : gestes et mime des scènes de la vie courante sont exécutés par les vahine habillées des splendides robes de pareu et de dentelles.
Il existe aussi de nombreuses autres danses, telle le patautau rythmée par des battements des mains et dont la connotation érotique ne manque pas de charme.
Le paoa, dansé par les hommes, est inspirée de scènes de pêche et de chasse.
 
Te Reva Tahiti

  • L’otea, danse guerrière de groupe où les danseurs sont disposés en colonnes, accompagnée d’instruments à percussion

  • L’hivinau, danse en cercles accompagnées de tambours et d’un soliste vocal masculin auquel les danseurs répondent en chœur

  • L’aparima, danse en colonnes, danse harmonieuse où les danseurs miment des scènes de la vie quotidienne, cette danse est accompagnée de chants, de guitare et d’ukulele

  • Le pao’a, danse sensuelle en demi-cercle, un couple de danseurs improvise une danse au centre, les danseurs accroupis tapent des mains en cadence

Quant au tamure bien connu, c’est une appellation récente concernant une danse pratiquée en couple actuellement dans les fêtes populaires ou les dancings.

(Je me suis permis d'emprunter ces explications plus que bien fournies pour ceux et celles qui ne sont malheureusement pas inscrits dans notre forum).

Pas et variantes (de mon grand ami teriimataha)

Les bases sont :

Le tamau (avec variantes)
Le faarapu
(avec variantes)
Le ami
(avec variantes)
Le varu (avec variantes)

DESCRIPTION DES PAS :

Toutes les variantes ont un nom. Dautres pas existent et ne sont ni des variantes ni des bases (otamu, toro, tatue etc ...)

tamau : balancement continu -il y a aussi ce que l'on appelle tamau tahito, le pas des grand-mères, dansé sur la pointe des pieds, (les hanches partent ensemble du même côté).

aoao : pas de côté, en montrant son profil.

sec (taper la hanche)

faarori : c'est une façon de rouler en plaçant l'accent du mouvement dans les fesses et non dans le ventre, comme c'est le cas du faarapu.

nu'u :  nu'u faatere, nu'u tifene, nu'u tei (en cours)

varu : faire un huit avec les hanches, en coulissant les pieds, se danse avec plusieurs variantes. Le varu est l'une des 5 bases

tahapahape : terme générique  impossible à décrire. Des pas différents peuvent être "tahape" Ce que certains mentionnent doit être un ueue qui se fait en pivotant les hanches et les pieds de droite et de gauche.

paipai : faarapu ou ueue en appui sur le pied de derrière une fois de chaque côté.

horo : principe de déplacement latéral  horo atau, horo aui. 1,2,3 marqué à droite puis à gauche.

vehe : (aussi uvehi) ancêtre du paoti paraît-il. C'est aussi un pas hawaien.On soulève les deux talons en même temps, avec ou sans balancement.

otamu : tatue de chaque côté, et non pas au milieu. Le poids du corps une fois à droite, une fois à gauche.

tairi : balancement / Tairi toma, balancement signale la fin de la danse, bras écartés, parfois tourner sur soi-même

totoro : Pas de danse marché en position presque assise au ras du sol

fariuriu : Le regard se tourne dans les diverses directions

Hurihuri : correspond à l'exécution d'un pas avec un mouvement du corps, des épaules.

ne'e - f'a'ane'e : c'est un hope ou bien un ami qui se déplace

tu'e : jeter le pied en se déplaçant, comme si on tapait dans un ballon.

tutami : il y a eu une controverse dernièrement dans une réunion au sujet de ce qu'est ce pas.

C'est soit un ami, soit une sorte de tatue qui démarre à mi-hauteur, genoux pliés mais pas jusqu'en bas.

 

Alors, après cela, vous devriez avoir tout  compris. Je vous souhaite un bon tamure,

Maururu' outou, (merci à vous tous...)

Parahi, araua'e, (au revoir, à bientôt)

Ia oaoa tatou iteie mahana (et bonne journée à tous)

 

                            

 

(Cliquer sur les liens ci-après)

www.tahitinuiinternational.com/

http://www.dreamworldvideos.com/tahitifete.html

Je terminerai par quelques liens où vous pourrez vous procurer  quelques cds de Musique Polynésienne.

MAC'S MUSIC

TAHITI ZIK

   

Avant de terminer ce billet, j'aimerais vous préciser que la danse Polynésienne est variée selon l'île et, ne pas confondre celle de notre Fenua, avec le Hula de Hawaii dont vous pouvez voir un extrait ce dessous.

et dont voici les gestes ci-dessous :

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Posté par TIPANIE à 20:30 - CULTURE POLYNESIENNE - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

LE MYTHE DE LA VAHINE

La Vahine

 

Depuis l’époque des premiers découvreurs, Wallis, Cook ou Bougainville, les témoignages n’ont guère manqué pour consacrer, à tort ou à raison, Tahiti «île de l’amour». Il est vrai qu’à cette époque reculée, les premières Vahine (prononcer Va Hi né) qu’allaient rencontrer ces aventuriers guindés ne se posaient pas la question de savoir si leur tenue - très légère - allait choquer ou non... Mais bon ! les corps dénudés de ces jeunes femmes et leurs mœurs débridées ont, semble-t-il, fini par trouver un excellent terrain d’entente avec les gentils hommes austères du XVIIIe siècle. Devant un tel étalage de charme, de sensualité et, disons le, de sex appeal, nul n’aurait su demeurer de marbre.

Indéniablement, au fil des années, c’est le mythe de la vahiné qui a immortalisé la réputation de nos magnifiques paysages des mers du sud. Fières de leur corps, sûres d’elles, les vahine ont toujours dominé la société polynésienne, depuis la nuit des temps. Aujourd’hui encore, c’est l’épouse, la mère des enfants, qui mène la famille à la baguette. L’homme, le mari, ne fait que suivre ses directives, même s’il se targue d’être un incorrigible ”macho”.

Non contente d’être belle, la femme polynésienne est aussi intelligente. Car, que possède-t-elle de plus que la femme occidentale ? Rien, à vrai dire, si ce n’est un environnement favorable (soleil, chaleur, océan, lagon) et une irrésistible envie de se mettre en valeur doublée d’un savoir-faire étonnant. Le monoi est le meilleur ami de la vahine. Il lustre ses longs cheveux soyeux et rehausse la teinte cuivrée de sa peau.

Ajoutez à cela un battement de cils parfaitement étudié,  une façon unique de se déhancher et vous obtiendrez une vahine authentique. Un zeste d’artifice certes, mais seul le résultat prime.

Remarquez… les Polynésiens ne s’en plaignent guère et regardent avec une moue amusée les touristes du sexe faible étalées sur les plages de nos îles, cherchant vainement à bronzer pour mettre en valeur leurs atouts. Un conseil  n’essayez pas de rivaliser avec une Vahine... La partie est perdue d’avance !

Et pour tous ces visiteurs qui pensent avoir eu la chance de séduire une Vahine, dites-vous bien qu’à Tahiti, c’est pareil qu’ailleurs, sauf qu’il fait souvent plus beau... Et que le soleil et les tropiques, ça aide beaucoup...

http://www.tahitiguide.com/@fr/8/30/rubrique.asp

Pour finir, voici ma collection de gifs animés

qui ne manqueront pas de faire la joie de certains.

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Posté par TIPANIE à 20:17 - CULTURE POLYNESIENNE - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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